Lundi, 22 octobre 2007
Gestion 2.0
J’ai un inconfort avec cette locution : ressources humaines. Le premier terme réfère à de la matière inventoriée à exploiter et le second l’oppose à « naturelles ». Le tout a une odeur de travaux forcés et de sueur de charbon.
Mais surtout, cette expression nourrit la vision condescendante du haut vers le bas, où les individus sont amalgamés en un mal nécessaire. Bref, c’est trad.
Même le terme « employé » est dur. Il est synonyme de « utilisé ». Dans les entreprises actuelles, et ce, surtout avec les salariés qui ont moins de 30 ans, c’est l’entreprise qui est « employée ». Elle est utilisée pour servir, stimuler et faire grandir. Ce renversement nous force à questionner les modèles de gestion en vigueur.
Appliquons le modèle Web 2.0 à l’entreprise et regardons ce que ça donne.

Une entreprise serait une communauté collaborative qui a pour fonction de faciliter l’échange d’information entre ses différents membres. Les usagers garderaient donc leur identité et resteraient auteurs de leur contribution.
Ça fait pas mal « coop ». Mais j’aime le concept de l’entreprise comme étant une application, un processus, et non une fin en soi. J’aime aussi la conversation qui ne banalise pas les participants. Je reste le président, tu restes une conceptrice et elle une coordonnatrice. Mais l’information circule, les contributions sont attendues et reconnues. Il ne s’agit pas de troquer une structure communicationnelle du haut vers le bas pour une autre qui soit simplement du bas vers le haut, mais plutôt de favoriser la communication multidirectionnelle.
Concrètement, ça veut dire quoi?
Le président garde sa responsabilité première : chapeauter le projet d’entreprise. Parallèlement, il consulte. Il se rend disponible aux suggestions comme aux récriminations. Il s’assure de donner la chance à chacun de contribuer au-delà de ses fonctions premières et il essaie de reconnaître ces contributions.
Dans une agence comme Provokat, ce type de gestion est facile parce que nous sommes peu nombreux. Elle est cependant difficile parce que mon poids débalance inévitablement la conversation. De plus, notre structure sans « middle management » n’aide pas à banaliser ma position.
Quand quelqu’un continue de travailler dans une agence passionnée comme la nôtre, soit il adore le projet, soit il louange le leader, soit il est un brave soldat. Le plus souvent, tout le monde, selon les jours et les défis, à un peu des trois.
On essaie donc de compenser l’effet de vortex. Les ordinateurs portables, l’utilisation du Wiki, l’absence de portes, les tables avec roulettes, les heures variables sont autant de détails qui facilitent la conversation tout en valorisant l’individualité.
Le plein emploi en général et le manque criant de contributeurs dans notre secteur en particulier nous obligent à questionner notre approche de la gestion. Je suis convaincu que c'est pour le mieux.
Mais surtout, cette expression nourrit la vision condescendante du haut vers le bas, où les individus sont amalgamés en un mal nécessaire. Bref, c’est trad.
Même le terme « employé » est dur. Il est synonyme de « utilisé ». Dans les entreprises actuelles, et ce, surtout avec les salariés qui ont moins de 30 ans, c’est l’entreprise qui est « employée ». Elle est utilisée pour servir, stimuler et faire grandir. Ce renversement nous force à questionner les modèles de gestion en vigueur.
Appliquons le modèle Web 2.0 à l’entreprise et regardons ce que ça donne.

Une entreprise serait une communauté collaborative qui a pour fonction de faciliter l’échange d’information entre ses différents membres. Les usagers garderaient donc leur identité et resteraient auteurs de leur contribution.
Ça fait pas mal « coop ». Mais j’aime le concept de l’entreprise comme étant une application, un processus, et non une fin en soi. J’aime aussi la conversation qui ne banalise pas les participants. Je reste le président, tu restes une conceptrice et elle une coordonnatrice. Mais l’information circule, les contributions sont attendues et reconnues. Il ne s’agit pas de troquer une structure communicationnelle du haut vers le bas pour une autre qui soit simplement du bas vers le haut, mais plutôt de favoriser la communication multidirectionnelle.
Concrètement, ça veut dire quoi?
Le président garde sa responsabilité première : chapeauter le projet d’entreprise. Parallèlement, il consulte. Il se rend disponible aux suggestions comme aux récriminations. Il s’assure de donner la chance à chacun de contribuer au-delà de ses fonctions premières et il essaie de reconnaître ces contributions.
Dans une agence comme Provokat, ce type de gestion est facile parce que nous sommes peu nombreux. Elle est cependant difficile parce que mon poids débalance inévitablement la conversation. De plus, notre structure sans « middle management » n’aide pas à banaliser ma position.
Quand quelqu’un continue de travailler dans une agence passionnée comme la nôtre, soit il adore le projet, soit il louange le leader, soit il est un brave soldat. Le plus souvent, tout le monde, selon les jours et les défis, à un peu des trois.
On essaie donc de compenser l’effet de vortex. Les ordinateurs portables, l’utilisation du Wiki, l’absence de portes, les tables avec roulettes, les heures variables sont autant de détails qui facilitent la conversation tout en valorisant l’individualité.
Le plein emploi en général et le manque criant de contributeurs dans notre secteur en particulier nous obligent à questionner notre approche de la gestion. Je suis convaincu que c'est pour le mieux.
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Commentaires
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Je crois qu'une approche 2.0 s'applique aussi aux grandes entreprises. Il y a tellement d'enjeux, tellement de travail, qu'il faut nécessairement laisser beaucoup de latitude et faire confiance aux « contributeurs ».
Mais, comme pour les grandes et petites entreprises, je ramènerais un peu de trad dans la sauce : quand un contributeur sent qu'il n'a pas d'impact, donc trop peu de contrôle sur ce qu'il fait et sur ses résultats, il y a risque de non-contribution (ingrédient à burn-out). Il importe donc que des rôles subsistent, effectivement, et qu'on ne crée pas une bouillie de commentaires qui ne mènent nulle part ; on cherche du « contributeur-gen » de qualité, dans le vulgaire comme dans le sublime.
ps : bonne fête monsieur le président !
Mais, comme pour les grandes et petites entreprises, je ramènerais un peu de trad dans la sauce : quand un contributeur sent qu'il n'a pas d'impact, donc trop peu de contrôle sur ce qu'il fait et sur ses résultats, il y a risque de non-contribution (ingrédient à burn-out). Il importe donc que des rôles subsistent, effectivement, et qu'on ne crée pas une bouillie de commentaires qui ne mènent nulle part ; on cherche du « contributeur-gen » de qualité, dans le vulgaire comme dans le sublime.
ps : bonne fête monsieur le président !
@ Katherine
Tu as raison, les responsabilités-rôles doivent survivre à la mutation. Ainsi louanges et récriminations restent possible. La reconnaissance fait à mon sens partie d'une saine application 2.0.
J'aime beaucoup ton appropriation du mot « contributeur », spécialment dans le contributeur-gen
Merci pour les souhaits d'anniversaires
Tu as raison, les responsabilités-rôles doivent survivre à la mutation. Ainsi louanges et récriminations restent possible. La reconnaissance fait à mon sens partie d'une saine application 2.0.
J'aime beaucoup ton appropriation du mot « contributeur », spécialment dans le contributeur-gen
Merci pour les souhaits d'anniversaires
mais que penser des non-dits, des luttes de pouvoirs, de l'hypocrisie, des tromperies, des jeux d'influences, des jalousies et des convoitises ....
Merci Martin pour ta vision naive du travail, ca fait du bien, j'aimerais y croire.
Joyeux anniversaire Grand Maître !
merci d'être une source d'inspiration.
Merci Martin pour ta vision naive du travail, ca fait du bien, j'aimerais y croire.
Joyeux anniversaire Grand Maître !
merci d'être une source d'inspiration.
@ ipub
Je ne déconne pas, ici il n'y a pas ses jeux malsains. Est-ce qu'il y 'en a beaucoup chez Sid Lee?
Oui je suis rêveur cela dit, mais j'essaie aussi au quotidien de faire avancer les choses. Demande à ma gang, je crois que la plupart te diront que ma naïveté est contagieuse.
Merci pour le mot sur l'inspiration. Venant d'un aussi profond chercheur, ça touche.
Je ne déconne pas, ici il n'y a pas ses jeux malsains. Est-ce qu'il y 'en a beaucoup chez Sid Lee?
Oui je suis rêveur cela dit, mais j'essaie aussi au quotidien de faire avancer les choses. Demande à ma gang, je crois que la plupart te diront que ma naïveté est contagieuse.
Merci pour le mot sur l'inspiration. Venant d'un aussi profond chercheur, ça touche.
Comment être chasseur de tête, donc exposée à des tonnes de partages, tant de la part des dirigeants que de leurs collaborateurs, et ne pas être en accord avec cette vision saine et collégiale de la gestion d'entreprise ? Naïf ? peut-être, mais faut croire et semer le doute, et croire encore
D'un point de vu bien rationnel, l'univers de l'emploi est en transit depuis un temps : de marché d'employeur il devient marché d'employés. Plus donc le choix de leur accorder de la place et de les écouter...si ça prend ça pour faire bouger des choses...
@ Nathalie
Je ne crois pas que c'est devenu un «marché» «d'employés». Je crois que c'est en voix de devenir un dynamique entre contributeurs. Où celui qui paye et celui qui est payé doivent chacun prendre et donner. Revirer la table de négociation ne change rien. Il faut changer de dynamique.
Je ne crois pas que c'est devenu un «marché» «d'employés». Je crois que c'est en voix de devenir un dynamique entre contributeurs. Où celui qui paye et celui qui est payé doivent chacun prendre et donner. Revirer la table de négociation ne change rien. Il faut changer de dynamique.
Bien que j'apprécie énormément tout ce nouveau vocabulaire, presque poétique, d'un point de vue bien concret, le recrutement est un enjeu de taille et croissant en Amérique du Nord. C'est un fait. Il est la principale préoccupation de la majorité des dirigeants d'entreprise. Force est d'admettre que ça déplace le pouvoir. Bien qu'on aimerait que tous les jeux de pouvoir de la terre disparaissent. Mon point est que, ce fameux retour de pendule pourrait certainement contribuer à faire naître enfin un certain équilibre, mais seulement si personne en abuse (croisons nos doigts). Ça pourrait donc faire une place à cet échange entre parties auquel tu fais allusion. Selon moi tout ça est bien louable et souhaitable. Tout comme chez Provokat, La Tête Chercheuse bénéficie de ce genre d'environnement, comme plusieurs le savent, je ne saurais bien respirer ailleurs 

