Le laboratoire d’agence 2.0 continue. Depuis deux mois, nous avons développé avec certains clients un nouveau mode de facturation.
Le problème qu’on avait : facturer au pourcentage média ne fait aucun sens quand l’achat média n’est plus une nécessité, mais surtout facturer l'idéation, la recherche et développement ou la stratégie à l'heure, est carrément dysfonctionnel. C’est imprévisible (combien de temps pour une trouver une bonne idée?) et c’est ingérable (« je cherchais, mais en même temps je jouais, mais en même temps je lisais... »). Les prévisions budgétaires deviennent des délirs et les feuilles de temps une approximation fourrée de culpabilités et mésinterprétations.
La solution : séparer le jus de cerveau et l’huile de bras.
L'idéation, on la fait dorénavant à un prix fixe. Disons 25 000 $ pour un poisitionnement, promesse et USL (unique selling language). Tant que le client n'est pas satisfait, on continue. Il est possible que ça prenne 1 semaine/homme ou 25. Le prix reste le même. Le client achète un résultat. Nous incluons dans cette phase la R&D, le planning et la stratégie, la conception. Bref, ce qui fait la force et la pertinence d’une agence de pub.
La production est par contre facturée à l’heure (dans notre cas à 120 $). Ici on entre le code, la rédaction des textes, la déclinaisons des maquettes clé, la charge de projet, etc.
Typiquement, le budget est divisé en deux parties égale entre l’idéation et la production.
Pour une année donnée, chaque contributeur passe entre 10 et 80 % de son temps de travail en production. Simplifions ici le calcul et fixons ça a 18 heures par semaine. Ponctuellement, je dois simplement m’assurer que les employés font de la production pour cette durée. Que le reste soit du jeu, du twitter ou de l’idéation; peu m’importe.
Les avantages pour le client : il paye un prix fixe pour une idée, basé sur sa valeur et un taux fixe pour la production (cette étape étant prévisible et gérable). Il est donc en situation de contrôle de coût et du résultat.
Les avantages pour l’agence: la gestion est simplifiée. Finie l’entrée des heures pour l’idéation (maintenant c’est ouvert, flou, dynamique, changeant, non culpabilisant, non géré). Les contributeurs à l’agence se sentent libres de penser et sécurisés de produire. Notre offre est plus claire : du jus de cerveau (à grand frais) et de l’huile de bras (à prix concurrentiel).
Le principe est solide. Mais son application cause encore des remous. Quand nous trouvons une idée trop vite, le client est agacé. Ça va se tasser.
Mais n'oublions pas, une agence 2.0 a besoin de clients 2.0 pour réussir.